Pourquoi je me sens si mal alors que je n’ai rien vécu de grave ?
- Gaëtane Plassart
- 23 avr.
- 5 min de lecture
On peut souffrir profondément sans avoir vécu un événement spectaculaire.

Beaucoup de personnes vivent avec un malaise qu’elles n’arrivent pas à expliquer.
Elles se disent qu’elles n’ont « rien vécu de grave », que d’autres ont connu bien pire, qu’elles devraient être passées à autre chose depuis longtemps.
Et pourtant, quelque chose continue d’agir : une honte diffuse, une peur de déranger, une hypervigilance, un besoin de tout contrôler, une difficulté à se sentir légitime, à poser des limites ou à faire confiance.
Quand on se sent touché·e pour « si peu », il est fréquent de culpabiliser. On peut même finir par penser qu’il y a quelque chose de défaillant en soi : trop de sensibilité, pas assez de volonté, pas la bonne manière de réagir...
En réalité, ce qui nous marque ne prend pas toujours la forme d’un grand choc visible. Certaines expériences discrètes, répétées ou banalisées peuvent laisser des traces durables. Et si ces traces empiètent encore aujourd’hui sur votre liberté intérieure, vos relations, votre estime de vous ou votre sentiment de sécurité, elles méritent d’être prises au sérieux.
L'essentiel en 30 secondes
Voici les repères les plus utiles à garder en tête avant d'aller plus loin :
On peut souffrir profondément sans avoir vécu un événement spectaculaire.
Certaines expériences répétées, certains messages intériorisés ou certains climats relationnels peuvent laisser des traces durables.
Toute souffrance ne relève pas forcément d’un trauma au sens clinique. Mais si quelque chose agit encore dans votre vie aujourd’hui, cela mérite d’être regardé sérieusement.
Si vous n’arrivez pas à changer malgré votre volonté, ce n’est pas forcément un manque de volonté.
Ce qui nous marque ne ressemble pas toujours à un « gros trauma »
Quand on pense au mot « trauma », on imagine souvent un accident, une agression ou une catastrophe. Pourtant, ce qui marque durablement ne prend pas toujours la forme d’un événement spectaculaire.
Les événements graves ne sont pas les seules expériences qui marquent
Certaines expériences sont immédiatement identifiables comme marquantes. D’autres passent beaucoup plus inaperçues. Pourtant, elles peuvent laisser une empreinte profonde, non pas parce qu’elles sont spectaculaires, mais parce qu’elles obligent l’enfant, l’adolescent ou l’adulte à tenir, s’adapter, se protéger ou simplement continuer à fonctionner.
Certaines traces se construisent dans la répétition, dans l’ambiance d’une maison, dans l’imprévisibilité émotionnelle d’un parent, dans les humiliations discrètes, dans le fait de devoir toujours s’ajuster pour éviter les tensions, ou encore dans l’absence de sécurité affective. Ce ne sont pas forcément des moments que l’on repère tout de suite comme graves. Mais, à force, ils peuvent peser lourd.
Des mots, des rôles et des situations qui s’impriment
Parfois, ce sont de petites phrases qui s’installent :
« tu es nul·le »,
« arrête de pleurer »,
« les autres sont plus importants que toi »,
« ne fais pas d’histoires »,
« sois fort·e, prends sur toi »…
Prises isolément, elles peuvent sembler anodines. Répétées, ou entendues à des moments-clés, elles peuvent façonner profondément le regard que l’on porte sur soi.
Parfois, ce sont des situations répétées, subies ou observées :
des parents trop fatigués par leur travail, et un enfant qui s’efface pour les soulager,
un aîné qui prend le rôle de parent pour ses frères et sœurs,
un enfant humilié à l’école, qui apprend à se faire discret,
un parent alcoolique ou colérique, et un enfant qui grandit en surveillant tout pour éviter l’explosion.
De l’extérieur, cela peut paraître « pas si grave ». Mais ce n’est pas seulement la gravité apparente d’un événement qui compte. C’est aussi ce qu’il a demandé à la personne pour continuer à tenir.
Pourquoi certaines expériences laissent encore des traces aujourd’hui
Ce qui a laissé une trace ne reste pas simplement dans le passé. Cela peut continuer à agir dans le présent, parfois de façon très concrète.
Quand le passé continue d’agir dans le présent
On retrouve ces traces dans le corps, dans les émotions et dans les relations :
anxiété diffuse,
honte,
culpabilité,
hypervigilance,
besoin de contrôle,
difficulté à se détendre,
peur d’être jugé·e ou abandonné·e,
difficulté à poser des limites, à se sentir légitime ou à faire confiance.
Certaines personnes passent leur vie à scanner l’ambiance avant de parler, à s’excuser trop, à se suradapter pour ne pas créer de tension, ou à douter d’elles jusque dans les décisions les plus simples. Non pas parce qu’elles manqueraient de maturité ou de bon sens, mais parce qu’une partie d’elles est restée organisée autour de la protection.
Pourquoi la volonté ne suffit pas toujours
C’est souvent là que la personne se juge le plus durement : elle comprend parfois très bien son fonctionnement, mais malgré sa volonté, quelque chose résiste.
Quand une expérience a laissé une empreinte profonde, on ne change pas simplement par un effort de volonté. Il faut d’abord reconnaître ce qui continue de s’activer, puis travailler autrement avec cela.
Quand certaines choses finissent par s’installer en nous
Certaines expériences ne laissent pas seulement une émotion douloureuse. Elles peuvent aussi construire peu à peu une manière de se voir, de se protéger et d’entrer en relation.
Une logique intérieure se construit
Ces logiques intérieures ne surgissent pas d’un coup. Elles se forment lentement, à partir de ce qui a été vécu, répété ou observé, jusqu’à devenir des évidences silencieuses.
Par exemple :
« je dérange »,
« je passe après les autres »,
« je dois faire attention »,
« si je parle, je vais me faire humilier »,
« je mérite d'être seul·e ».
Avec le temps, ces messages peuvent devenir une manière automatique d’anticiper le monde.
En thérapie, on parle souvent de schémas pour désigner ces manières de se percevoir, d’anticiper et de se protéger. Elles ne sont pas là “par hasard”. Elles ont souvent eu une fonction : éviter le rejet, limiter la honte, prévenir le conflit, garder le lien, se sentir un peu plus en sécurité.
On se protège sans même s’en rendre compte
Alors on se suradapte. On évite. On contrôle. On se coupe de certaines émotions. On fait passer les autres avant soi. On cherche à ne pas prendre trop de place. Et on peut répéter, sans le vouloir, des situations qui réactivent les mêmes douleurs.
Ce n’est pas forcément un « grand trauma » qui agit ici. C’est parfois une logique intérieure construite au fil du temps, à partir de traces moins visibles, mais profondément organisatrices.
Si cela agit encore aujourd’hui, ce n’est pas « rien »
Reconnaître une trace ne veut pas dire dramatiser. Cela veut simplement dire arrêter de minimiser ce qui continue d’avoir un impact dans votre vie.
Pourquoi on demande souvent de l’aide tard
Beaucoup de personnes demandent de l’aide tard, justement parce qu’elles se disent que ce n’est pas assez grave ou qu’elles devraient réussir seules.
À partir du moment où quelque chose agit encore dans le présent et limite votre liberté intérieure, cela mérite d’être pris au sérieux.
Ce n’est pas « rien » si cela vous affecte
Si cela vous enferme, vous épuise, vous fait douter de vous ou vous pousse à vous suradapter, alors ce n’est pas « rien ».
L’EMDR peut vous aider à mettre en lumière ce qui s’active en vous, à apaiser ce qui se met en tension dans le corps et à retrouver, peu à peu, plus de sécurité intérieure et relationnelle.
Si cet article résonne avec ce que vous traversez, vous pouvez réserver un premier appel. Nous pourrons voir ensemble si le cadre que je propose correspond à ce dont vous avez besoin.
Vous n'avez pas à porter seul·e ce qui vous pèse. Vous pouvez être accompagné·e, à votre rythme.
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Je suis Gaëtane Plassart, thérapeute EMDR certifiée.
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