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Crise d’angoisse : pourquoi votre corps panique alors qu’il n’y a pas de danger ?

  • Photo du rédacteur: Gaëtane Plassart
    Gaëtane Plassart
  • 11 août 2025
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Des repères simples pour vous soulager tout de suite, comprendre ce qui vous arrive, et sortir peu à peu du cercle.


Une femme en crise d'angoisse

Une crise d’angoisse peut donner l’impression qu’on va mourir, devenir fou, perdre le contrôle ou ne jamais réussir à redescendre. Sur le moment, tout semble trop fort, trop rapide, trop réel.

Et pourtant, ce que vous vivez n’est pas absurde. Votre corps déclenche une alarme très intense, même lorsqu’il n’y a pas de danger immédiat. Comprendre cela ne fait pas disparaître la crise d’un coup, mais cela peut déjà aider à se sentir moins seul·e, moins perdu·e et moins en train de dérailler.


Important

Une crise d’angoisse peut provoquer des sensations très impressionnantes. Si :

  • c’est la première fois que vous vivez ça,

  • les symptômes vous paraissent inhabituels,

  • les symptômes s’accompagnent d’une douleur thoracique intense ou prolongée, d’un essoufflement important, d’une perte de connaissance, d’une faiblesse d’un côté du corps, de troubles de la parole ou d’une confusion inhabituelle.

Alors demandez rapidement un avis médical ou appelez les secours.




L'essentiel en 30 secondes

Voici les repères les plus utiles à garder en tête avant d'aller plus loin :

  • Une crise d’angoisse est un système d’alarme qui s’emballe. Les sensations sont réelles, mais elles ne signifient pas forcément qu’un danger grave est en train d’arriver.

  • Le plus utile sur le moment n’est pas de vous forcer à vous calmer, mais de revenir à quelque chose de simple, concret et répétitif.

  • Plus vous luttez contre la panique ou contre chaque sensation, plus votre corps peut croire qu’il y a vraiment urgence.

  • Quand les crises reviennent, elles sont souvent entretenues par la peur qu’elles recommencent, l’hypervigilance et l’évitement.

  • Il existe des solutions pour sortir du cercle et retrouver plus de sécurité dans votre corps.

Si vous êtes en crise maintenant :

  • Ne cherchez pas à arrêter la crise à tout prix. Essayez plutôt de vous dire : « C’est une crise d’angoisse. C’est très désagréable, mais cela va passer. »

  • Revenez à des repères très concrets : vos pieds au sol, un objet que vous touchez et trois choses que vous voyez autour de vous.

  • Allongez légèrement l’expiration, desserrez la mâchoire, relâchez les épaules. Des gestes simples et répétés aident souvent plus qu’une technique compliquée.

  • Rappelez-vous que la crise monte, atteint un pic, puis redescend. Sur le moment, cela paraît interminable, mais la vague finit par baisser.


Que faire pendant une crise d'angoisse

Quand le corps panique, on n’a pas besoin de longues explications. On a surtout besoin de repères simples, accessibles, et assez concrets pour ne pas rajouter de lutte à la panique.

Commencer par nommer ce qui se passe

Se dire intérieurement : « C’est une crise d’angoisse. C’est très désagréable, mais cela va passer » peut déjà changer quelque chose. Cela n’efface pas la panique d’un coup, mais cela limite parfois l’emballement supplémentaire provoqué par la peur de ce qui arrive.

Revenir ici et maintenant

Ramenez doucement votre attention vers des repères présents :

  • ce que vous voyez autour de vous,

  • ce que vos pieds touchent,

  • un objet froid dans votre main,

  • la sensation du dossier dans votre dos,

  • quelques objets précis de l'endroit où vous êtes.

L’idée n’est pas de vous distraire à tout prix, mais d’aider votre attention à sortir un peu de l’alerte intérieure en se concentrant sur ce qui vous entoure.

Prendre appui sur le corps

Vous pouvez ralentir légèrement le rythme en essayant de :

  • allonger l’expiration,

  • desserrer la mâchoire,

  • relâcher les épaules,

  • poser une main sur votre thorax et l’autre sur votre ventre.

Des gestes simples, répétés, sont souvent plus utiles qu’une technique compliquée.

Laisser la vague redescendre

Une crise d’angoisse monte, atteint un pic, puis redescend. Sur le moment, cela paraît interminable. Pourtant, la vague finit par baisser.

Le plus aidant n’est pas toujours de chercher à la faire disparaître vite, mais d’éviter d’ajouter de la panique à la panique.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Certaines réactions sont très compréhensibles, mais elles entretiennent souvent la crise ou la peur qu’elle recommence :

  • vous battre contre chaque sensation pour vérifier si vous gardez le contrôle,

  • vous observer en boucle pour voir si ça recommence,

  • interpréter immédiatement les symptômes comme une catastrophe,

  • vous juger parce que vous n’arrivez pas à redescendre assez vite,

  • chercher la technique parfaite au lieu de revenir à quelque chose de très simple.


Pourquoi une crise d’angoisse peut donner l’impression qu’on va mourir

Quand une crise d’angoisse arrive, le plus difficile est souvent l’incompréhension. Tout va très vite, tout devient très intense, et vous pouvez avoir l’impression qu’il se passe quelque chose de grave.

Palpitations, souffle court, vertiges : des symptômes qui font très peur

Une crise d’angoisse ne ressemble pas à un simple moment de stress. Le cœur s'accélère, la respiration change, la poitrine se serre, les jambes tremblent, la tête tourne... Certaines personnes ont l’impression de manquer d'air, de faire un malaise ou de ne plus réussir à tenir debout.

Ces sensations sont réelles. Et c’est parce qu’elles sont si intenses qu’elles font peur.

Le problème n’est pas que vous imaginez quelque chose. Le problème est que votre système d’alarme réagit trop fort, comme s’il devait vous sauver d’un danger vital.

La sensation de perdre le contrôle

Beaucoup de personnes se disent pendant une crise : « Je vais mourir », « Je fais un malaise », « Je deviens folle », « Je vais perdre le contrôle ». Parfois, la peur est si forte qu’on croit vraiment qu’on va mourir ou devenir fou·folle.

Sur le moment, cette menace est réelle pour le corps.

Une partie de vous sait parfois que « c’est juste de l’angoisse », mais votre système d'alarme, lui, voit du danger. Le monde entier devient alors plus inquiétant, peu importe que la menace soit réelle ou non.


La panique envahit le corps avant de pouvoir réagir

Beaucoup de personnes se reprochent de ne pas avoir réussi à se calmer. Pourtant, une crise d’angoisse ne se déclenche pas parce que vous manquez de volonté. Elle prend le dessus parce que le corps part avant que la réflexion ait le temps de suivre.

Le corps réagit avant l'esprit

Lors d’une crise d’angoisse, le corps réagit souvent avant que l’esprit ait eu le temps de comprendre ce qui se passe. L’alarme s’active, le rythme cardiaque change, la respiration se modifie, l’attention se resserre sur le danger, puis l’esprit essaie de donner un sens à ce déferlement.

C’est pour cela qu’une crise peut sembler surgir d’un coup et sans raison.

En réalité, le corps a déjà interprété quelque chose comme menaçant, avant même que vous en ayez conscience.

Pourquoi la volonté ne suffit pas sur le moment

Quand le système d’alarme est lancé, se dire « calme-toi » suffit rarement. Plus on essaie de forcer l’arrêt de la crise, plus on surveille chaque sensation, plus on se tend et plus on alimente la boucle.

Sur le moment, il est souvent plus aidant de reconnaître ce qui est en train de se passer, puis de revenir à quelque chose de simple et concret. Non pour faire disparaître la crise immédiatement, mais pour aider le corps à redescendre.


Pourquoi une crise d'angoisse se déclenche

Une crise d’angoisse n’arrive pas sans raison. Mais la raison n’est pas toujours visible tout de suite. Il peut s’agir d’un déclencheur extérieur, d’une sensation corporelle, d’un état de fatigue, ou d’un terrain plus ancien qui rend le système nerveux plus sensible.

Les déclencheurs externes

Certaines situations peuvent servir de déclencheurs : un lieu fermé, la foule, les transports, l'autoroute, une dispute, une mauvaise nouvelle, un contexte où l’on se sent coincé·e, observé·e ou en insécurité.

Parfois, le lien est évident. Parfois, il est plus subtil : une ambiance, une odeur, une heure de la journée, une ressemblance, un détail à peine perçu peuvent suffire à remettre le système d’alarme en route.

Les déclencheurs internes

Le déclencheur peut aussi venir de l’intérieur : une accélération du cœur, une sensation de chaleur, un vertige, un manque de sommeil, une grande fatigue, le stress accumulé, une chute de tension, une respiration qui s'accélère ou simplement le fait de remarquer soudain une sensation inhabituelle.

Quand le corps est déjà tendu, la moindre variation peut être interprétée comme un signal de danger. Ce n’est pas volontaire. C’est un système devenu très sensible.

Le lien avec les traumatismes et les expériences difficiles

Chez certaines personnes, les crises s’inscrivent dans un terrain plus ancien :

  • traumatisme,

  • stress chronique,

  • insécurité répétée,

  • attachement instable,

  • événements vécus dans l’impuissance,

  • schémas de protection devenus trop coûteux comme l’hypercontrôle, l’anticipation permanente, la vigilance excessive ou l’évitement.

La crise n’est pas un problème sorti de nulle part. Elle est la manière dont le corps essaie encore de vous protéger, avec un système d’alarme devenu trop sensible par rapport au présent.


Pourquoi les crises d’angoisse reviennent

Après une première crise, le plus difficile n’est pas toujours la crise elle-même. C’est souvent la peur qu’elle recommence. Et c’est là qu’un cercle peut s’installer.

La peur d'avoir peur

Quand on a déjà vécu une crise, on peut commencer à anticiper la suivante : « Et si ça revenait ? », « Et si ça m’arrivait dehors ? », « Et si je n’arrivais pas à gérer ? »

Cette anticipation maintient le système d’alerte en arrière-plan.

L'hypervigilance face au corps

On se met alors à surveiller davantage sa respiration, son cœur, sa tête, son équilibre, sa fatigue. Le moindre changement devient suspect.

Plus on observe son corps comme un danger potentiel, plus on risque de repérer des sensations… et de leur donner une signification alarmante.

Évitement et contrôle : quand la vie commence à se rétrécir

Pour se protéger, on peut commencer à éviter certains lieux, certains trajets, certaines activités. On peut aussi chercher à tout contrôler : partir plus tôt, rester près d’une sortie, ne pas sortir seul·e...

Ces stratégies sont compréhensibles. Mais à force, elles peuvent confirmer à votre système nerveux que le danger est réel. Petit à petit, la vie se rétrécit autour de la peur.


Comment se soulager durablement

Se soulager durablement ne consiste pas seulement à stopper les crises. Il s’agit aussi de comprendre ce qui les entretient, de retrouver de la sécurité dans le corps et de sortir du cercle peur - hypervigilance - évitement.

Sortir du cercle petit à petit

Cela passe souvent par plusieurs leviers :

  • comprendre ce qui se joue dans votre corps,

  • repérer vos déclencheurs internes et externes,

  • réduire la lutte contre les sensations,

  • retrouver des appuis corporels simples,

  • remettre progressivement du mouvement là où la peur avait commencé à prendre toute la place.

Le but n’est pas de ne plus jamais ressentir d’angoisse. Le but est de ne plus vivre sous la menace permanente de votre propre corps.

Demander de l’aide quand vous vous sentez prêt·e

Comprendre le mécanisme aide souvent déjà. Mais parfois, cela ne suffit pas. Et il n’y a rien d’anormal à cela.

Se faire aider n’est pas une obligation. Ce n’est pas non plus un aveu d’échec. Parfois, c’est simplement reconnaître qu’on ne veut plus continuer à vivre dans cette tension permanente, et qu’on a besoin d’aide pour sortir de l’engrenage.

Une crise d’angoisse peut donner l’impression que tout se referme. Mais elle peut aussi devenir un point d’entrée pour mieux comprendre ce qui se passe en vous et retrouver peu à peu plus de stabilité.

Un travail thérapeutique peut permettre de repérer ce qui entretient cet état d’alerte, d'apaiser le système nerveux et de retraiter ce qui reste bloqué lorsque les crises s’inscrivent dans une histoire plus ancienne. L’EMDR peut vous aider à débloquer ce qui reste figé, afin de permettre un apaisement plus durable.

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’aller encore plus mal pour demander de l’aide. Si vous sentez que la peur commence à prendre trop de place, qu’elle rétrécit votre vie ou qu’elle vous épuise, il peut être utile d’en parler.

Le but n’est pas de vous forcer à aller mieux vite. Le but est de ne plus rester seul·e avec quelque chose qui vous déborde.

Et si vous souhaitez être accompagné·e, vous pouvez réserver un premier appel pour voir si ce cadre de travail peut vous convenir.

Vous n’avez pas à traverser cela seul·e. Vous pouvez être accompagné·e, à votre rythme.



Gaëtane Plassart

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Je suis Gaëtane Plassart, thérapeute EMDR certifiée.

Je propose un accompagnement EMDR en visio, dans un cadre structuré, progressif et respectueux de votre rythme.

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