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Je vais mal sans raison : anxiété, mal-être diffus et EMDR

Photo du rédacteur: Gaëtane Plassart
Gaëtane Plassart
23 avr.
11 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 août


Quand l’anxiété, la culpabilité, le besoin de contrôle ou les schémas relationnels semblent venir de nulle part.


Vous vous dites peut-être : « Je vais mal sans raison ».

De l’extérieur, votre vie semble peut-être aller à peu près bien. Pourtant, intérieurement, quelque chose pèse.

Une anxiété diffuse. Une honte difficile à expliquer. La peur de déranger. Le besoin de tout contrôler. L’impression de ne pas être légitime. La difficulté à poser des limites.

Alors vous minimisez.

Vous vous dites que d’autres ont vécu pire, que vous êtes trop sensible, que vous devriez réussir à passer à autre chose. Peut-être même que vous culpabilisez d’aller mal « sans raison ».

Pourtant, ce qui nous marque ne ressemble pas toujours à un grand choc visible.

Parfois, ce sont des expériences répétées, des climats relationnels, des phrases entendues trop souvent ou des rôles pris très tôt qui laissent une trace.

Et quand cette trace continue d’agir sur le corps, les émotions, les relations ou l’estime de soi, alors ce n’est pas « rien ».

Dans ma pratique de l’EMDR, je rencontre souvent des personnes qui ne viennent pas avec un traumatisme clairement identifié, mais avec une impression plus floue : aller mal, se sentir en alerte, culpabiliser, se suradapter ou répéter les mêmes schémas sans réussir à comprendre pourquoi.

Dans cet article, nous allons voir pourquoi on peut aller mal sans événement grave évident, ce qui peut se cacher derrière un mal-être diffus et comment l’EMDR peut aider à travailler ces réactions sans devoir forcément partir d’un souvenir précis.


L'essentiel en 30 secondes

Avoir l’impression de mal aller sans raison ne veut pas dire que vous exagérez.

Un mal-être sans cause évidente peut parfois être lié à des traces plus diffuses :

  • des expériences répétées ;

  • des blessures relationnelles ;

  • un manque de sécurité dans le lien ;

  • des rôles familiaux ;

  • des stratégies de protection devenues automatiques.

Ces traces peuvent se manifester aujourd’hui sous forme :

  • d’anxiété ou d’hypervigilance ;

  • de culpabilité ;

  • de difficulté à poser ses limites ;

  • de besoin de contrôle ;

  • d’estime de soi abîmée ;

  • de schémas relationnels qui se répètent.

L’enjeu n’est pas seulement de chercher « ce qui s’est passé », mais de repérer les mécanismes qui se rejouent dans le corps, les émotions et les comportements.

L’EMDR permet de travailler ces réactions automatiques, de renforcer la sécurité intérieure et de retrouver des réponses plus ajustées.

Si vous vous reconnaissez déjà dans ces lignes, vous pouvez réserver un premier appel gratuit. Cet appel permet de faire connaissance, de situer brièvement votre difficulté, et de voir si l’EMDR peut être adapté à votre situation.

Je vais mal sans raison : pourquoi je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe ?

Quand vous ne trouvez pas d’événement « suffisamment grave » pour expliquer ce que vous ressentez, vous pouvez facilement minimiser votre mal-être.

Avant de chercher une cause précise, il est utile de comprendre pourquoi cette impression est si déstabilisante : elle mélange souvent souffrance réelle, doute de soi et comparaison aux autres.

Quand « tout va bien » sur le papier, mais pas à l’intérieur

De l’extérieur, rien ne semble forcément alarmant.

Vous travaillez peut-être. Vous gérez votre quotidien. Vous êtes présent·e pour les autres. Vous donnez l’impression de tenir.

Mais à l’intérieur, quelque chose reste tendu.

Vous pouvez vous sentir fatigué·e, irritable, triste, vide, en alerte, ou constamment obligé·e de faire attention.

C’est souvent cela qui rend le mal-être sans raison si difficile à nommer : il ne s’impose pas toujours comme une crise visible. Il s’installe parfois comme une tension de fond.

Quand on se compare à pire que soi

Vous vous comparez aux autres.

Vous vous dites que d’autres ont vécu pire, que vous n’avez pas à vous plaindre et que vous devriez réussir à aller mieux.

Parfois, vous doutez même de vous :

  • « Est-ce que j’exagère ? » ;

  • « Est-ce que je suis trop sensible ? » ;

  • « Est-ce que ce que je ressens est vraiment légitime ? ».

Cette minimisation peut devenir une souffrance supplémentaire.

Non seulement vous allez mal, mais en plus vous vous jugez d’aller mal.

Quand le corps réagit avant que l’esprit comprenne

Le fait de ne pas identifier un événement spectaculaire ne signifie pas qu’il ne s’est rien passé.

Cela peut signifier que ce qui a marqué s’est installé autrement :

  • dans la répétition ;

  • dans le silence ;

  • dans l’adaptation ;

  • dans les relations ;

  • dans ce que vous avez appris à supporter sans le nommer.

Votre esprit peut ne pas trouver d’explication claire.

Votre corps, lui, peut continuer à réagir comme s’il devait rester vigilant.


Anxiété, mal-être diffus, culpabilité : ce qui peut se cacher derrière

Derrière un mal-être diffus, il n’y a pas toujours une seule cause. Il peut y avoir plusieurs couches : des habitudes de protection, des croyances sur soi, des blessures relationnelles ou une manière ancienne de rester en sécurité.

Ces mécanismes ne sont pas des défauts de personnalité. Ce sont souvent des réponses qui ont eu du sens à un moment de votre histoire.

Des blessures relationnelles difficiles à identifier

Parfois, ce qui fait mal ne vient pas d’un événement isolé.

Cela peut venir de la manière dont on a appris à grandir, aimer, demander, attendre ou prendre sa place auprès des autres.

C’est plus subtil à repérer, parce qu’il n’y a pas toujours un souvenir précis à raconter.

L’attachement, par exemple, concerne la façon dont on apprend très tôt à se sentir en sécurité avec les autres.

Quand les relations ont été suffisamment stables, prévisibles et rassurantes, il devient plus facile de demander, de s’appuyer sur quelqu’un, de se séparer, de poser ses limites et de se sentir digne d’être aimé·e.

Mais lorsque ces repères ont été imprévisibles, distants, intrusifs ou peu sécurisants, le système peut apprendre autre chose :

  • faire attention,

  • anticiper,

  • ne pas trop demander,

  • ne pas trop ressentir,

  • ne pas prendre trop de place.

Souvent, personne n’a voulu faire mal. Mais le corps, lui, a retenu qu’être en relation demande de rester vigilant·e.

Si vous avez grandi avec peu de place pour vos émotions ou vos besoins, vous pouvez aussi lire l’article consacré à la négligence affective.

Des stratégies de protection devenues automatiques

Sur le moment, certains comportements aident à se protéger :

  • éviter le conflit ;

  • ne pas déranger ;

  • taire ses besoins ;

  • surveiller l’humeur des autres ;

  • anticiper les réactions ;

  • tout contrôler pour se sentir un peu plus en sécurité.

Avec le temps, ces comportements peuvent devenir des réflexes automatiques, même lorsque le contexte a changé :

  • si vous avez appris que vos besoins dérangeaient, vous pouvez continuer à les taire, même face à des personnes bienveillantes ;

  • si vous avez appris qu’il fallait être irréprochable pour être aimé·e, vous pouvez vous épuiser à bien faire, même lorsque personne ne vous le demande ;

  • si vous avez appris que prendre votre place mettait le lien en danger, vous pouvez vous effacer, même quand vous auriez besoin d’exister davantage.

Des croyances anciennes que l’on continue de porter

Ces expériences peuvent laisser des croyances profondes.

Ce ne sont pas toujours des pensées clairement formulées. Ce sont parfois des impressions diffuses :

  • « Je dérange » ;

  • « Je suis trop sensible » ;

  • « Je dois faire attention » ;

  • « Je dois gérer seul·e » ;

  • « Je n’ai pas le droit de demander » ;

  • « Je dois m’effacer pour ne pas souffrir » ;

  • « Si je prends ma place, je risque de perdre le lien » ;

  • « Je dois être irréprochable pour être aimé·e ».

Ces phrases peuvent continuer à agir longtemps après les situations qui les ont construites.

Elles influencent la manière de :

  • vous comporter avec les autres ;

  • poser vos limites ;

  • demander ;

  • recevoir ;

  • vous sentir légitime.

C’est souvent ce qui rend le mal-être si déroutant : il ne semble relié à aucun événement précis, mais il continue d’agir dans le corps et d’abîmer l’estime de soi.

Si ce mal-être s’exprime surtout dans vos relations — peur de l’abandon, besoin d’être rassuré·e, difficulté à être seul·e — vous pouvez aussi lire l'article dédié à la dépendance affective et la peur de l’abandon.

Pourquoi comprendre ne suffit pas toujours pour aller mieux

Comprendre son histoire est important.

Cela permet de mettre du sens, de sortir de la culpabilité et de relier certains morceaux entre eux.

Mais de nombreuses personnes arrivent en thérapie avec cette impression décourageante : elles comprennent déjà beaucoup de choses sur elles, sans réussir à changer ce qui se déclenche dans les moments sensibles.

Je sais ce que je fais, mais je n’arrive pas à faire autrement

Vous pouvez savoir que vous avez tendance à vous effacer et continuer à le faire.

Vous pouvez comprendre que vous n’êtes pas responsable de tout et continuer à vous sentir coupable.

Vous pouvez savoir que vous avez le droit de poser vos limites et sentir votre corps se bloquer au moment de le faire.

Ce décalage est souvent très décourageant.

Mais cela ne veut pas dire que vous manquez de volonté.

Cela veut dire que le corps réagit plus vite que la pensée.

Un schéma n’est pas seulement une pensée

Un schéma de comportement ne se situe pas seulement dans les pensées.

Il est aussi inscrit dans le corps :

  • dans les tensions,

  • les sensations,

  • l’état d’alerte,

  • les réflexes relationnels,

  • la manière de se fermer, de se suradapter ou de chercher à contrôler.

C’est pour cela qu’un travail uniquement mental peut parfois atteindre ses limites.

Il ne s’agit pas de vous convaincre que tout va bien.

Il s’agit d’aider votre système à ressentir profondément qu’il n’a plus besoin de se protéger de la même manière.

Le corps peut continuer à réagir comme avant

Quand un ancien mode de protection reste actif, le présent peut réveiller une alerte très ancienne.

Dire non, demander de l’aide, faire une erreur, prendre sa place, recevoir, s’éloigner ou faire confiance peuvent alors déclencher une réaction plus forte que ce que la situation actuelle semble justifier.

Le problème n’est pas que vous êtes « trop fragile ».

Le problème, c’est que votre système intérieur essaie encore de vous protéger avec des réponses qui ne sont plus adaptées à votre vie actuelle.

Si vous reconnaissez ce décalage entre ce que vous comprenez et ce que vous ressentez, un premier échange peut vous aider à situer brièvement ce qui se rejoue aujourd’hui. Nous pourrons voir si l’EMDR peut être adapté à votre situation.

EMDR et mal-être sans raison : comment travailler sans souvenir précis ?

En EMDR, il n’est pas toujours nécessaire de travailler sur un souvenir traumatique clairement identifié.

Dans mes accompagnements, je pars toujours de ce qui pose problème dans le présent.

Partir de ce qui se manifeste dans le présent

En séance, il ne s’agit pas de chercher l’événement le plus grave.

On part de ce qui se manifeste dans le présent :

  • une émotion ;

  • une sensation corporelle ;

  • une croyance sur soi ;

  • une difficulté relationnelle ;

  • une peur ;

  • un blocage ;

  • un schéma qui se répète.

Ce point de départ permet de travailler au plus près de ce qui vous gêne aujourd’hui, sans vous obliger à raconter toute votre histoire d’un seul bloc.

Repérer les situations qui réveillent l’alerte intérieure

Le travail permet de repérer ce que votre système associe encore au danger.

Cela peut être :

  • demander ;

  • dire non ;

  • faire des erreurs ;

  • prendre sa place ;

  • être vu·e ;

  • recevoir ;

  • s’éloigner ;

  • faire confiance ;

  • ressentir.

Ces situations peuvent sembler simples en apparence. Pourtant, si elles réveillent une ancienne insécurité, le corps peut les vivre comme une menace.

Retraiter progressivement ce qui reste bloqué

L’objectif n’est pas de poser une étiquette sur votre histoire, ni de tout ramener au passé.

L’objectif est de repérer le mécanisme encore actif, ce que vous souhaitez ressentir à la place, puis d’aider votre système à retraiter ce qui est resté bloqué.

Petit à petit, ce qui semblait évident peut devenir moins vrai. Ce qui déclenchait de l’alerte peut devenir plus supportable. Ce qui prenait toute la place peut commencer à se remettre à sa juste place.

L’EMDR ne change pas ce qui s’est passé. Mais il aide à changer la manière dont cela continue de vivre en vous.

Pour mieux comprendre cette approche, vous pouvez lire la page dédiée à la méthode EMDR. Si vous hésitez à démarrer une thérapie en visio, l'article sur l'EMDR en visio peut vous aider à vous représenter le cadre.

Quand consulter pour une anxiété ou un mal-être diffus ?

Vous pouvez envisager de demander de l’aide si ce mal-être prend de la place dans votre vie, même si vous avez l’impression que « ce n’est pas assez grave ».

Nattendez pas d’être au bout de vos forces pour consulter.

Ce qui compte, c’est l’impact de ce que vous vivez dans votre quotidien, vos relations, votre estime de vous et votre liberté intérieure.

Quand le mal-être prend trop de place

Consulter peut être pertinent si vous vous sentez souvent :

  • anxieux·se ;

  • tendu·e ;

  • en alerte ;

  • épuisé·e par le fait de devoir tout contrôler.

Cela peut aussi être le cas si vous vous sentez : 

  • illégitime ;

  • coupable ;

  • jamais assez bien ;

Ou même si vous avez l’impression de ne pas avoir le droit d’aller mal.

Votre souffrance n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être réelle.

Quand les mêmes schémas reviennent

Vous pouvez aussi consulter si vous répétez certains schémas relationnels :

  • vous vous suradaptez ;

  • vous vous effacez ;

  • vous avez du mal à poser vos limites ;

  • vous avez peur de déranger ;

  • vous acceptez trop pour préserver le lien ;

  • vous comprenez votre fonctionnement, mais vous n’arrivez pas à le transformer durablement.

Ces schémas ne disent pas que quelque chose ne va pas chez vous.

Ils montrent qu’un ancien mode de protection peut encore se déclencher dans le présent et vous faire souffrir.

Quand le corps réagit plus fort que la situation

Vous pouvez consulter si vous sentez que votre corps réagit plus fort que ce que la situation semble justifier.

Par exemple :

  • vous vous bloquez au moment de dire non ;

  • vous paniquez face à un silence ;

  • vous vous sentez en danger quand quelqu’un est déçu ;

  • vous ressentez une honte intense pour une petite erreur.

À partir du moment où quelque chose limite votre sécurité intérieure, votre estime de vous ou votre liberté d’être en relation, cela mérite d’être accompagné.

Vous pouvez réserver un premier appel gratuit. Cet appel permet de faire connaissance, de situer brièvement votre difficulté, et de voir si l’EMDR peut être adapté à votre situation.


Questions fréquentes

Faut-il avoir vécu un traumatisme grave pour consulter ?

Non. Certaines souffrances viennent de répétitions, de relations peu sécurisantes, de phrases entendues trop souvent ou de stratégies de protection installées dans le temps. Si cela continue de peser aujourd’hui, cela mérite d’être regardé.

L’EMDR peut-il aider quand je ne sais pas exactement d’où vient mon mal-être ?

Oui, le travail part de ce qui s’active aujourd’hui : une émotion, une sensation corporelle, une croyance sur soi, une difficulté relationnelle ou un schéma répétitif. L’objectif est de comprendre ce qui se rejoue et de retraiter ce qui reste bloqué.

Est-ce que comprendre mon histoire devrait suffire ?

Pas forcément. Comprendre peut soulager, donner du sens et diminuer la culpabilité. Mais certains schémas restent inscrits dans les réactions corporelles et émotionnelles. C’est pour cela qu’un travail thérapeutique peut être utile quand le corps continue de réagir malgré ce que vous savez déjà rationnellement.

Est-ce que l’EMDR en visio fonctionne aussi pour ce type de difficulté ?

Oui, si le cadre est adapté, que la personne se sent suffisamment en sécurité et que le protocole est ajusté à sa situation. Le premier appel permet justement de vérifier si ce format peut vous convenir.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Si ce que vous venez de lire résonne avec ce que vous traversez, votre mal-être mérite d’être pris au sérieux, même s’il est difficile à expliquer.

Vous n’avez pas à porter seul·e ce qui vous pèse.

Je suis Gaëtane Plassart, thérapeute EMDR certifiée. J’accompagne en visio les personnes qui se sentent en alerte, coupables, bloquées dans des schémas relationnels ou épuisées d’essayer de gérer seules.

Mon travail consiste à vous aider à comprendre ce qui s’active, puis à retraiter ce qui maintient l’alerte dans le corps et dans les relations, tout en améliorant votre estime de vous.

Si vous vous reconnaissez dans cet article, vous pouvez réserver un premier appel gratuit pour faire le point sur ce que vous vivez, comprendre ce qui se répète dans vos relations, et voir si l’EMDR est adapté à votre situation.

Cet appel permet de faire connaissance, de situer brièvement votre difficulté et de voir si l’EMDR peut être adapté à votre situation.


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