top of page

Je m’efface devant les autres : négligence affective, manque de confiance en soi et EMDR

  • Photo du rédacteur: Gaëtane Plassart
    Gaëtane Plassart
  • il y a 4 jours
  • 19 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours


Comprendre comment un enfant peut apprendre à préserver la relation avant lui-même, et pourquoi ce fonctionnement peut conduire, à l’âge adulte, à s’effacer devant les autres, douter de soi et avoir du mal à poser ses limites.


Vous recevez un message : « Tu préfères vendredi ou samedi ? ».

Vous connaissez votre réponse. Pourtant, avant de l’écrire, vous imaginez ce qui arrangera le mieux l’autre.

Vous tapez votre préférence, l’effacez, puis envoyez : « Comme tu veux, je m’adapte. »

Quelques secondes plus tard, vous ressentez un pincement. Vous vous êtes encore éloigné·e de vous-même pour que la relation reste simple.

Dans une réunion, avec vos amis ou votre conjoint·e, le même mouvement revient.

Vous repérez ce que les autres attendent, vous apaisez ce qui pourrait les contrarier et vous vous demandez seulement après coup : « Et moi, qu’est-ce que je voulais ? »

À force de faire passer les autres avant vous, vous perdez confiance en vos choix.

Dire non déclenche de la culpabilité. Demander de l’aide ressemble à une charge imposée.

Une limite pourtant raisonnable vous donne l’impression d’être égoïste.

Se dire « Je m’efface devant les autres » n’est pas seulement une phrase. C’est une organisation entière : votre attention se tourne vers le lien avant de se tourner vers vous.

Ce fonctionnement peut avoir plusieurs origines. Chez certaines personnes, une négligence affective durant l'enfance, souvent discrète, sans événement spectaculaire, a contribué à l’installer.

Pour comprendre comment, il faut d’abord revenir à ce que représente la relation pour un enfant : une condition de sécurité.


L'essentiel en 30 secondes

Vous ne vous effacez pas nécessairement parce que vous manquez de volonté ou de personnalité. Votre manière de vous adapter a pu se construire très tôt.

Enfant, vous dépendiez des adultes qui prenaient soin de vous pour vous sentir en sécurité.

Vous avez appris très tôt que certaines réactions semblaient faciliter la relation, tandis que d’autres paraissaient la compliquer. Peu à peu, vous avez pu apprendre à cacher ces dernières pour préserver le lien.

La sécurité intérieure se construit quand l’enfant peut ressentir, demander, décevoir, se tromper et rester lui-même sans perdre la relation.

Quand cette expérience manque régulièrement, une vigilance relationnelle peut se développer. Lire les autres devient plus facile que se lire soi-même.

Aujourd’hui, vous dites oui trop vite, craignez de déranger, portez la responsabilité de la relation et culpabilisez après avoir posé une limite.

Comprendre cette histoire aide à prendre du recul, mais les réactions automatiques ont parfois besoin d’un travail plus expérientiel et corporel pour évoluer.

La thérapie EMDR peut être envisagée lorsque des croyances, des sensations, des déclencheurs ou certaines expériences restent difficiles émotionnellement.

Vous vous reconnaissez dans cette façon de vous oublier ? Un premier échange téléphonique de 10 à 15 minutes peut vous permettre de me présenter brièvement ce que vous vivez et de vérifier si mon accompagnement en EMDR peut répondre à vos besoins.

Pourquoi est-ce que je m'efface devant les autres ?

L’effacement de soi peut ressembler à de la gentillesse ou à une grande capacité d’adaptation.

La difficulté apparaît lorsque vous cherchez automatiquement ce qui conviendra à l’autre avant de savoir ce que vous ressentez ou ce que vous voulez.

Vous dites oui avant de savoir ce que vous voulez

On vous demande un service. Vous répondez oui presque immédiatement.

Vous n’avez pas encore vérifié votre fatigue, votre envie ou votre emploi du temps. Ce n’est que plus tard que l’irritation apparaît.

Vous en voulez parfois à l’autre, mais surtout à vous-même. Vous aviez une limite, vous ne l’avez entendue qu’une fois dépassée.

Le même décalage se retrouve dans les petites décisions.

On vous propose une date, un restaurant ou une activité. Vous cherchez d’abord ce qui conviendra aux autres, puis vous répondez : « Comme tu veux. »

Votre préférence devient claire lorsque le choix est déjà fait.

Vous réduisez vos demandes pour ne pas déranger

Vous avez besoin d’un renseignement, d’un délai ou d’un coup de main. Pourtant, demander vous met mal à l’aise.

Vous cherchez le bon moment et la formulation la plus légère possible. Vous ajoutez :

  • « Seulement si tu peux. »

  • « Ce n’est pas urgent. »

  • « Désolé·e de te déranger. »

Votre besoin existe, mais vous essayez de le rendre presque invisible pour qu’il pèse le moins possible sur l’autre.

Vous espérez parfois que quelqu’un remarquera spontanément votre fatigue ou votre difficulté. Si personne ne le fait, vous continuez seul·e jusqu’à l’épuisement.

Demander vous semble plus risqué que vous débrouiller sans aide.

Vous vous sentez responsable de l’équilibre de la relation

Un échange devient tendu. Quelqu’un se ferme, paraît contrarié ou répond plus sèchement.

Votre attention se porte aussitôt sur ce que vous pourriez avoir mal dit, sur la manière de réparer ou sur ce qu’il faudrait faire pour que l’autre se sente mieux.

Vous expliquez, rassurez, relancez ou proposez une solution.

Prendre votre part dans une relation est naturel. Mais vous prenez souvent davantage que votre part : vous vous sentez responsable de faire redescendre la tension, de rétablir le lien et de préserver le bien-être de l’autre.

La relation semble tenir grâce à votre vigilance constante.

Vous culpabilisez lorsque vous posez une limite

Vous refusez une invitation parce que vous avez besoin de repos.

Sur le moment, votre décision est claire. Quelques minutes plus tard, vous imaginez la déception de l’autre.

Vous relisez son message, interprétez un silence ou un point final, préparez une longue justification.

Vous envisagez parfois de revenir sur votre décision uniquement pour faire disparaître la tension.

La culpabilité ne prouve pas que votre limite est injuste. Elle peut apparaître parce que vous faites quelque chose d’inhabituel : affirmer un besoin.

Derrière toutes ces situations, le même mouvement se répète : votre attention se tourne vers le lien avant de se tourner vers vous.

Pour comprendre pourquoi, il ne suffit pas de vous demander pourquoi vous ne vous affirmez pas davantage. Il faut regarder ce que vous avez appris à protéger inconsciemment.


Pourquoi je m’efface devant les autres ?

Pour comprendre pourquoi vous vous effacez devant les autres, il faut regarder ce que votre cerveau a appris à protéger.

Enfant, vous dépendiez des adultes qui prenaient soin de vous. Préserver le lien avec eux devenait donc une priorité.

Enfant, vous dépendez du lien pour être en sécurité

Lorsque vous êtes enfant, la relation ne répond pas seulement à un besoin affectif. Elle est la condition de votre sécurité.

Quand vous avez peur, vous avez besoin d'une présence qui vous rassure.

Quand vous êtes triste, vous avez besoin d’être consolé.

Quand une émotion vous submerge, vous avez besoin d’un adulte pour vous aider à comprendre ce qui se passe en vous et à retrouver progressivement votre calme.

Peu à peu, votre système nerveux apprend que les moments difficiles peuvent être traversés grâce à la relation.

Maintenir ce lien n’est donc pas un simple confort. Pour un enfant, c’est une nécessité.

Votre cerveau apprend ce qui protège la relation

Le cerveau d’un enfant apprend par la répétition. Il est donc particulièrement sensible aux expériences répétées.

Il apprend aussi à partir de centaines de situations ordinaires :

  • Que se passe-t-il lorsque je pleure ?

  • Lorsque je suis en colère ?

  • Lorsque j’ai peur ?

  • Lorsque je demande de l’aide ?

  • Lorsque je refuse quelque chose ?

  • Lorsque je déçois ?

À travers ces expériences, il construit progressivement une représentation implicite de la relation.

Il découvre ce qui rapproche l’adulte. Ce qui semble l’éloigner. Et ce qui paraît compliquer la relation.

Il ne fait pas ce travail de manière consciente.

Son système nerveux enregistre progressivement ces régularités afin de mieux anticiper ce qui lui permettra de rester en sécurité.

Vous protégez la relation avant vos propres besoins

Lorsque certaines émotions, certains besoins ou certaines réactions semblent compliquer la relation de façon répétée, l’enfant ne cesse pas de ressentir.

Il adapte progressivement son comportement :

  • Il demande moins.

  • Il devient autonome très tôt.

  • Il aide.

  • Il fait rire.

  • Il réussit.

  • Il devient discret.

Ces adaptations ne sont pas des choix réfléchis.

Elles représentent les meilleures stratégies dont dispose son système nerveux pour préserver ce qui est essentiel à ce moment-là : le lien avec les personnes dont il dépend.

L’enfant ne cherche pas à devenir parfait. Il cherche avant tout à rester en relation.

Le problème, ce n’est donc pas d’avoir appris à s’adapter. C’est que cette stratégie peut continuer à s’activer des années plus tard, alors que le contexte a changé.

Vous pouvez aujourd’hui être entouré de personnes capables d’accueillir vos besoins, vos limites ou vos désaccords. Mais, votre système nerveux continue à anticiper un ancien risque.

Il réagit comme si votre place dans la relation dépendait encore de votre capacité à vous adapter.

C’est précisément cette logique qui permet de comprendre comment se construit la sécurité intérieure… et pourquoi elle peut parfois rester fragile.

Vous n’avez pas besoin d’être certain qu’il s’agit de négligence affective pour faire le point. Nous pouvons partir d’une situation concrète, situer ce qui se répète et vérifier si mon accompagnement peut vous convenir.

Comment la sécurité relationnelle devient-elle une sécurité intérieure ?

La confiance en soi ne se construit pas seulement à travers les encouragements, les réussites ou les compétences.

Elle s’appuie aussi sur une expérience plus profonde : découvrir qu’il est possible de rester soi-même sans craindre de perdre la relation.

Cette sécurité intérieure ne naît pas d’un seul moment. Elle se construit peu à peu, dans des centaines de situations ordinaires où l’enfant apprend ce qui se passe lorsqu’il ressent, demande, refuse, se trompe ou déçoit.

Vos émotions sont accueillies et deviennent compréhensibles

Un enfant n’apprend pas seul à reconnaître ce qu’il ressent.

Il a besoin d'un adulte qui remarque son état, l’aide à lui donner du sens et reste présent pendant que l’émotion traverse son corps :

  • « Tu as peur mais je suis là avec toi. »

  • « Tu es déçu·e, je comprends que ce soit difficile. »

  • « Tu es en colère et tu as le droit de le ressentir. »

  • « Tu as honte de ce qui s’est passé, mais cela ne change pas la manière dont je te vois. »

Peu à peu, l’enfant découvre qu’une émotion n’est pas forcément un danger :

  • La peur peut être apaisée.

  • La tristesse peut être partagée.

  • La colère peut être contenue sans abîmer la relation.

  • La honte peut être racontée.

Ce qui est d’abord régulé dans la relation devient progressivement plus accessible à l’intérieur.

La présence de l’autre se transforme peu à peu en appui interne.

Vous apprenez que vos besoins peuvent avoir une place

L’enfant demande de l’aide et découvre que sa demande n’est pas forcément un fardeau.

Il exprime une préférence et constate qu’elle peut être entendue, discutée ou parfois refusée sans que sa valeur ne soit remise en cause.

Il apprend aussi qu’un besoin ne sera pas toujours satisfait immédiatement.

La sécurité ne vient pas d’un adulte parfait, disponible à chaque instant. Elle se construit dans une relation suffisamment prévisible, lorsque l'adulte est capable de :

  • répondre ;

  • expliquer ;

  • maintenir un cadre ;

  • revenir après un moment de tension ;

  • réparer lorsqu'il a fait une erreur.

Alors, l’enfant n’a pas à choisir en permanence entre préserver le lien et rester fidèle à ce qu’il ressent.

Il peut s’adapter sans disparaître.

Vous découvrez que votre place ne dépend pas de votre perfection

Vous renversez un verre. Vous refusez quelque chose. Vous êtes en colère. Vous décevez.

L’adulte peut être contrarié, poser une limite ou ne pas être d’accord, tout en restant émotionnellement disponible.

La relation continue.

À travers ces expériences répétées, l’enfant comprend progressivement quelque chose d’essentiel : sa place ne dépend pas uniquement de son comportement, de ses réussites ou de sa capacité à répondre aux attentes des autres.

Il n’a pas besoin de mériter sa place dans la relation. Il peut être imparfait·e, différent·e ou en désaccord et continuer à compter.

Cette expérience nourrit un sentiment profond de légitimité :

  • « J’ai le droit d’avoir des besoins. »

  • « J’ai le droit de me tromper. »

  • « J’ai le droit de décevoir parfois. »

  • « J’ai le droit d’exister dans la relation sans devoir gagner ma place à chaque instant. »

Votre corps apprend que la relation peut rester sûre

La sécurité intérieure n’est pas seulement une idée. C’est aussi une sensation.

À force de vivre des relations dans lesquelles l’adulte reste présent malgré les émotions, les erreurs ou les désaccords, le système nerveux apprend progressivement qu’une tension n’annonce pas forcément une rupture.

Le corps découvre qu’il est possible de ressentir une émotion sans être submergé.

De poser une limite sans perdre le lien.

D’exprimer un besoin sans devenir un poids.

Cette sécurité corporelle permet peu à peu de rester davantage en contact avec soi-même, même lorsque l’autre est contrarié ou déçu.

Vous développez une boussole intérieure

Lorsque vos émotions sont régulièrement reconnues, vous apprenez à les identifier.

Lorsque vos préférences ont une place, vous apprenez à les consulter.

Lorsque vos limites peuvent être entendues, vous apprenez à sentir où elles se trouvent.

Cette boussole intérieure ne vous rend pas indifférent·e aux autres. Elle vous permet de tenir compte d’eux sans perdre l’accès à ce qui se passe en vous.

Vous pouvez alors vous demander :

  • « Qu’est-ce que je ressens ? »

  • « De quoi ai-je besoin ? »

  • « Qu’est-ce que je veux choisir ? »

avant de vous adapter.

Quand cette sécurité manque, la vigilance prend davantage de place

Lorsque l’enfant ne fait pas assez souvent l’expérience qu’il peut rester lui-même sans fragiliser la relation, il apprend autre chose :

  • sa place lui paraît plus incertaine ;

  • il devient plus prudent ;

  • il surveille davantage ;

  • il adapte plus vite son comportement.

Son attention se tourne vers l’extérieur :

  • le ton d’une voix ;

  • un silence ;

  • un soupir ;

  • un visage fermé ;

  • un changement d’humeur.

Il développe alors davantage une vigilance relationnelle qu’une sécurité intérieure.

Il devient très habile pour lire les autres, mais moins certain de ce qu’il ressent, de ce qu’il veut ou de ce qu’il peut demander.

L’effacement n’est plus seulement une manière d’éviter le conflit. Cela devient une façon de continuer à se sentir accepté·e et de préserver sa place dans la relation.

C’est aussi pour cette raison que le manque de confiance en soi ne se résume pas toujours à une opinion négative de soi.


La négligence affective peut-elle expliquer mon effacement ?

La négligence affective ne renvoie pas forcément à un événement marquant. Elle désigne souvent ce qui a manqué de manière répétée dans la relation.

Ce terme n’est pas un diagnostic, mais une piste parmi d’autres pour comprendre si vos émotions, vos besoins et votre vécu intérieur ont suffisamment trouvé leur place.

Vous avez pu être profondément aimé·e et manquer de sécurité émotionnelle

Beaucoup de personnes hésitent à reconnaître cette possibilité.

Elles pensent :

  • « Mes parents ont toujours fait de leur mieux. »

  • « Je ne manquais de rien. »

  • « J’ai eu une enfance heureuse. »

Tout cela peut être vrai.

Des parents peuvent aimer profondément leur enfant, faire de nombreux sacrifices, lui offrir une sécurité matérielle et vouloir sincèrement son bonheur…

…tout en ayant des difficultés à accueillir régulièrement son monde émotionnel.

Parce qu’ils étaient eux-mêmes débordés.

Parce qu’ils n’avaient jamais appris à le faire.

Parce qu’ils pensaient qu’aider leur enfant consistait surtout à lui apprendre à être fort, autonome ou raisonnable.

Reconnaître ce manque ne revient pas à condamner ses parents. Il s’agit simplement de mieux comprendre les expériences qui ont pu contribuer à votre fonctionnement actuel.

Vos émotions n’ont pas toujours trouvé un espace où être accueillies

Vous rentrez de l’école après une humiliation. On vous demande :

  • « Qu’est-ce que tu as répondu ? »

  • « Tu feras autrement la prochaine fois. »

  • « Il ne faut pas te laisser faire. »

Le problème est pris au sérieux.

Mais personne ne s'intéresse à ce que vous ressentez :

  • votre honte ;

  • votre peur ;

  • votre solitude.

Dans certaines familles, les émotions sont rapidement refermées :

  • « Ce n’est rien. »

  • « Arrête de pleurer. »

  • « Tu prends tout trop à cœur. »

  • « Sois fort. »

Le message n’est généralement pas : « Tes émotions ne m’intéressent pas. »

Mais plutôt : « Ce que tu ressens n’a pas sa place ici. »

L’enfant apprend alors davantage à gérer les situations qu’à comprendre son propre monde intérieur.

Ce sont les répétitions qui façonnent les apprentissages

Tous les parents passent parfois à côté d’un besoin. Tous peuvent être fatigués, maladroits ou indisponibles.

Une scène isolée ne construit pas un fonctionnement durable. Ce qui compte, c’est la répétition.

L’enfant retrouve-t-il régulièrement un adulte capable de revenir vers lui après un conflit ?

Ses émotions sont-elles suffisamment souvent reconnues ?

Ses besoins peuvent-ils être exprimés sans devenir un problème ?

Peut-il être contrarié, en colère ou déçu sans avoir le sentiment que cela menace sa place dans la relation ?

Ce sont ces expériences répétées qui permettent, peu à peu, de construire une sécurité intérieure.

À l’inverse, lorsque l’enfant doit régulièrement mettre de côté ce qu’il ressent pour préserver la relation, son système nerveux peut apprendre qu’il est plus prudent de s’adapter que d’exister pleinement.

La négligence affective n’est pas la seule explication

L’effacement de soi ne s’explique jamais par une seule cause.

Le tempérament. Le harcèlement. Certaines relations amoureuses. Des responsabilités précoces. Une maladie. Un contexte familial particulier. Des expériences traumatiques. Ou d’autres événements de vie peuvent également participer à ce fonctionnement.

La négligence affective est donc une hypothèse parmi d’autres.

Ce qui importe n’est pas de mettre une étiquette sur votre histoire.

C’est de comprendre pourquoi, aujourd’hui, vous continuez à vous oublier dans certaines relations, alors même que ce fonctionnement vous fait souffrir.

Et c’est précisément cette question qui permet de comprendre pourquoi ces réactions peuvent continuer à s’activer, parfois très longtemps après l'enfance.


Pourquoi je continue à m’effacer aujourd’hui ?

Vous êtes aujourd’hui adulte. Vous pouvez choisir vos relations, exprimer un désaccord, demander de l’aide ou poser une limite.

Pourtant, il suffit parfois d’un regard, d’un silence, d’une remarque ou d’une déception pour que votre corps réagisse avant même que vous ayez le temps de réfléchir.

Vous savez que vous n’êtes plus l’enfant que vous étiez.

Mais votre système nerveux, lui, peut continuer à fonctionner comme si préserver la relation restait indispensable à votre sécurité.

Vous lisez les autres avant de vous écouter

Vous repérez très vite :

  • un changement de ton ;

  • une réponse plus courte ;

  • un soupir ;

  • un visage fermé ;

  • une déception.

Votre attention quitte immédiatement votre monde intérieur pour se tourner vers l’autre :

  • « Qu’est-ce qui ne va pas ? »

  • « Est-ce que j’ai fait quelque chose ? »

  • « Comment puis-je arranger les choses ? »

Pendant ce temps, votre propre expérience passe au second plan.

Votre fatigue. Votre colère. Votre déception. Votre besoin.

Ils existent toujours. Mais ils deviennent moins accessibles.

Comme si la priorité n’était plus de savoir ce qui se passe en vous, mais de vérifier que la relation tient toujours.

Votre système nerveux anticipe un risque avant que vous en ayez conscience

Un simple soupir peut suffire.

Votre ventre se serre. Votre cœur accélère. Votre respiration change. Vos pensées s’emballent.

Sans même vous en rendre compte, votre système nerveux prépare déjà une réponse :

  • expliquer ;

  • vous justifier ;

  • rassurer ;

  • céder ;

  • vous excuser ;

  • faire davantage.

Ces réactions ne signifient pas que la relation est réellement menacée.

Elles traduisent plutôt une prédiction devenue automatique : si le lien se fragilise, il vaut mieux réduire ma place que risquer de le perdre.

Cette prédiction de danger s’active avant même que vous ayez eu le temps d’évaluer la situation.

Vous pouvez donc savoir que votre réaction est disproportionnée, tout en ayant beaucoup de mal à la modifier sur le moment : votre système d’alerte est déjà activé.

Ce qui vous a protégé autrefois peut aujourd’hui vous faire souffrir

Les stratégies que vous avez développées n’étaient pas des erreurs.

Elles avaient une fonction :

  • Ne pas demander permettait d’éviter une déception.

  • Surveiller les autres aidait à anticiper les tensions.

  • Être irréprochable limitait certaines critiques.

  • Dire oui permettait d'éviter le conflit.

  • Prendre soin de tout le monde donnait le sentiment d'entretenir le lien.

Ces adaptations ont pu être très utiles dans le contexte où elles se sont construites.

Le problème apparaît lorsqu’elles deviennent votre manière habituelle d’entrer en relation, même lorsque les personnes qui vous entourent aujourd’hui sont capables d’accueillir vos besoins, vos limites ou vos désaccords.

Vous continuez alors à vous protéger d’un danger qui n’est plus toujours présent.

S’effacer n’est pas la même chose que dépendre affectivement

L’effacement de soi, la peur de l’abandon et la dépendance affective peuvent parfois se ressembler.

Ils répondent pourtant à des logiques différentes :

  • Lorsque vous vous effacez, vous réduisez vos besoins, vos préférences ou vos limites afin de préserver la relation.

  • Dans la peur de l’abandon, c’est surtout la distance, le silence ou le désaccord qui réveillent la crainte de perdre l’autre.

  • Dans la dépendance affective, la présence, les réponses ou la validation de l’autre deviennent indispensables pour retrouver un sentiment de sécurité.

Une même personne peut vivre plusieurs de ces difficultés.

Le fil conducteur reste le même : votre sécurité interne dépend complètement de la relation.

Si votre souffrance concerne l’angoisse provoquée par la distance, le silence ou la séparation, vous pouvez également consulter l’article consacré à la peur de l’abandon et à la dépendance affective.

Comprendre ne suffit pas toujours à changer

Beaucoup de personnes me disent : « Je sais pourquoi je fais ça… mais je continue malgré tout. »

Après une discussion, vous réalisez que :

  • vous vous êtes excusé·e trop vite ;

  • vous avez renoncé à votre besoin ;

  • vous avez pris en charge les émotions de l’autre.

Vous comprenez ce qui s’est passé.

Mais, au moment où la situation se produisait, votre système nerveux avait déjà choisi la réponse qui lui semblait la plus protectrice.

La compréhension est une étape essentielle.

Elle permet de donner du sens à ce que vous vivez, de prendre un peu de recul.

Mais les apprentissages relationnels les plus anciens ne changent pas uniquement parce qu’on les comprend.

Vos réactions évoluent lorsque votre corps ne ressent plus la situation comme aussi dangereuse. Le comportement peut alors changer, parce qu’il n’a plus la même fonction de protection.

C’est précisément dans cette perspective que la thérapie EMDR peut trouver toute sa place.


Comment l’EMDR peut m’aider à ne plus m'effacer ?

Comprendre pourquoi vous vous effacez peut déjà apporter un soulagement. Mais cette prise de conscience ne suffit généralement pas à modifier une réaction automatique.

L’objectif est que votre système nerveux ne perçoive plus certaines situations comme aussi dangereuses.

La thérapie EMDR peut vous aider dans ce travail.

Nous partons toujours de ce que vous vivez aujourd’hui

Le travail ne commence pas par la recherche d’un traumatisme caché.

Nous partons d’une situation récente, concrète, dans laquelle vous vous êtes effacé·e. Par exemple :

  • vous avez accepté une demande que vous vouliez refuser ;

  • vous êtes resté·e deux jours en alerte après un désaccord ;

  • vous vous êtes excusé·e alors que vous n’aviez rien fait de mal ;

  • vous avez ressenti une forte culpabilité après avoir exprimé une préférence.

Ensemble, nous cherchons à comprendre ce qui s’est passé :

  • Qu’avez-vous ressenti dans votre corps ?

  • Quel risque votre système a-t-il anticipé ?

  • Quelle pensée est apparue ?

  • Qu’avez-vous fait pour faire redescendre la tension ?

Cette étape permet de mettre en évidence le mécanisme automatique qui vous empêche de vous affirmer.

Nous développons votre stabilité interne

Lorsque le système nerveux est habitué à surveiller les relations, il ne peut pas simplement décider de se détendre.

Avant d'aborder certaines expériences difficiles, nous vérifions donc que vous disposez d’appuis suffisants.

Ce travail peut notamment consister à :

  • s'appuyer sur vos passions et tout ce qui vous fait du bien ;

  • mieux reconnaître les premiers signes d’activation ;

  • différencier un risque actuel d’un ancien danger devenu automatique ;

  • retrouver progressivement l’accès à vos émotions et vos besoins ;

  • développer les sensations physiques de calme, d'ancrage, de stabilité, de solidité.

Pour certaines personnes, ce travail permet déjà de vivre différemment certaines situations relationnelles.

Nous identifions ce qui maintient encore l’effacement

Il n’existe pas de protocole spécifique pour la négligence affective.

Selon votre histoire, le travail peut porter sur :

  • un déclencheur actuel ;

  • une sensation corporelle qui revient dans certaines relations ;

  • une expérience de honte, de rejet ou d’invisibilité ;

  • un souvenir dans lequel un besoin n’a pas été entendu ;

  • ou plusieurs expériences répétées ayant conduit aux mêmes conclusions.

Nous pouvons également explorer certaines croyances qui continuent d’organiser vos réactions. Par exemple :

  • « Mes besoins dérangent. »

  • « Je dois m’adapter. »

  • « Je ne compte pas autant que les autres. »

  • « Je dois rester facile à vivre pour garder ma place dans la relation. »

L’objectif est de comprendre comment ses croyances se sont construites et ce qui les maintient aujourd'hui.

Nous faisons évoluer vos croyances sur vous-même

Pour faire évoluer les croyances qui entretiennent l'effacement, certains souvenirs ayant contribué à les construire peuvent être travaillés.

L’objectif n’est pas de nier ce qui s’est passé ni de chercher à voir l’expérience de manière artificiellement positive.

Il s’agit de pouvoir la regarder avec davantage de recul et d’y intégrer une perception plus juste de vous-même en répondant à cette question :

« Quelles qualités, quelles compétences ou quelles ressources ai-je mobilisées pour traverser cette situation ? »

En faisant évoluer la manière dont vous percevez et ressentez ces expériences, la grille de lecture construite à l’époque peut se transformer.

Le souvenir reste présent, mais il ne porte plus le même sens ni la même charge.

Peu à peu, l’estime de soi se renforce et il devient plus facile de reconnaître ses besoins, de poser des limites et de prendre sa place.

Le changement apparaît dans de petits choix du quotidien

Les changements ne sont pas toujours spectaculaires. Ils apparaissent souvent dans des situations très ordinaires.

Quelqu’un vous demande votre avis. Vous remarquez que vous avez une préférence avant de répondre.

Une personne exprime sa déception. Vous ressentez la tension… sans renoncer immédiatement à votre limite.

Vous demandez de l’aide avant d’être épuisé·e.

Vous recevez un service sans ressentir le besoin de rembourser aussitôt.

Vous prenez soin des autres tout en restant attentif·ve à vous-même.

Peu à peu, vous découvrez qu’il est possible de préserver la relation sans vous effacer systématiquement.

Pour comprendre mon approche, vous pouvez lire la page « Comprendre l’EMDR » ainsi que l’article consacré au l’article sur le déroulement d’une séance EMDR en visio.

Quand demander de l’aide ?

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être à bout, ni d’être certain de l’origine de votre difficulté.

Ce qui compte est la place que ce fonctionnement prend dans votre vie.

Un accompagnement peut être pertinent si :

  • vous dites souvent oui alors que vous voudriez dire non ;

  • vous culpabilisez après avoir posé une limite ;

  • vous vous sentez responsable de l’humeur des autres ;

  • vous attendez l’épuisement avant de demander de l’aide ;

  • vous perdez confiance en vous dès qu’une personne désapprouve votre choix.

Ces signes ne prouvent pas à eux seuls une négligence affective.

Ils montrent cependant que votre manière de préserver le lien peut vous conduire à renoncer à une part importante de votre liberté.

Vous pouvez demander de l’aide simplement parce que vous êtes fatigué·e de vous adapter en permanence.

Vous avez peur d'exprimer vos besoins ? Vous vous effacez face aux autres ? Vous voulez changer ? Réserver dès maintenant un premier appel gratuit. Cet appel de 15 minutes permet de faire connaissance, de situer brièvement votre difficulté et de voir si l’EMDR peut être adapté à votre situation.


Questions fréquentes

Peut-on avoir souffert avec des parents aimants ?

Oui. L’amour, la protection, les sacrifices et les souvenirs heureux peuvent coexister avec une disponibilité émotionnelle insuffisante. Reconnaître ce manque ne revient pas à juger ses parents, ni à nier tout ce qu’ils ont apporté. Il s’agit plutôt de comprendre que l’amour, à lui seul, ne suffit pas toujours à construire la sécurité intérieure. Un enfant a également besoin que son monde émotionnel soit suffisamment remarqué, compris et accompagné. Il n’a pas besoin de parents parfaits. Il a besoin d’une relation suffisamment stable pour découvrir qu’il peut avoir des émotions, des besoins, des désaccords ou faire des erreurs… tout en gardant sa place dans la relation.

Faut-il retrouver un souvenir précis pour travailler en EMDR ?

Non. L’EMDR ne consiste pas à rechercher un événement oublié ou à forcer la mémoire. Le travail peut partir d’un déclencheur actuel, d’une sensation corporelle, d’une émotion, d’une croyance ou d’un ensemble d’expériences qui semblent avoir construit un fonctionnement défaillant. Lorsque certains souvenirs émergent, ils sont accueillis s’ils sont utiles au travail thérapeutique. Lorsqu’ils ne sont pas présents, cela n’empêche pas l’accompagnement.

Est-ce que je vais devenir égoïste si je pense davantage à moi ?

Non. Un juste milieu est possible, et souhaitable. Lorsque l’on s’est longtemps adapté aux autres, prendre davantage sa place peut d’abord donner l’impression d’en prendre trop. Pourtant, poser une limite, exprimer une préférence ou demander de l’aide ne signifie pas devenir égoïste. L’objectif n’est pas de moins tenir compte des autres. Il est de pouvoir tenir compte d’eux sans disparaître soi-même. Prendre sa place permet souvent de construire des relations plus équilibrées, où chacun peut exister sans porter seul la responsabilité du lien.

L’EMDR est-il toujours indiqué lorsque l’on s’efface devant les autres ?

Pas nécessairement. L’EMDR peut être proposé lorsque certaines expériences passées, croyances, sensations corporelles ou réactions automatiques continuent d’influencer fortement la manière de se percevoir et d’entrer en relation. Le choix de l’accompagnement dépend toujours de votre histoire, de vos objectifs et de votre stabilité. Aucun résultat ne peut être garanti.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Vous n’avez pas besoin d’avoir vécu une enfance malheureuse pour prendre votre souffrance au sérieux.

Vous pouvez demander de l’aide parce que vous vous épuisez à vous adapter, parce que vos limites déclenchent de la culpabilité ou parce que vous ne savez plus quelle place vous appartient dans la relation.

Je suis Gaëtane Plassart, thérapeute EMDR certifiée. J’accompagne en visio les personnes qui s’effacent, se sentent responsables des autres, doutent de leurs besoins ou vivent avec une estime de soi très dépendante du regard extérieur.

Mon accompagnement est structuré, progressif et respectueux de votre rythme. Nous cherchons d’abord à comprendre ce qui s’active et à construire des appuis suffisamment stables.

Selon votre situation, nous pouvons ensuite travailler les ressources corporelles, les déclencheurs relationnels, les croyances sur votre légitimité et certaines expériences qui maintiennent encore l’alerte

Cet appel permet de faire connaissance, de situer brièvement votre difficulté et de voir si l’EMDR peut être adapté à votre situation.


bottom of page